Les origines du jazz

On s'est toujours accordé pour placer à La Nouvelle-Orléans le lieu de naissance du jazz. Cette musique est vraisemblablement "née" à partir de 1619, lorsque quatorze noirs venus du Congo ou de la Côte d'Or ont été vendus comme esclaves à des colons de Virginie.

Les premiers orchestres de jazz sont enregistrés aux alentours de 1920. Entre ces deux dates... une évolution des rythmes africains, puis le blues, les spirituals, jusqu'aux premiers boogie-woogies. Pendant près de trois siècles un pseudo-peuple américain va se créer une musique ayant pour ingrédients les croyances ancestrales, les transes magiques, la danse, la nostalgie de l'Afrique, les religions chrétiennes(catholique, puis protestante), la condition sociale, la langue. Musique de danse, le jazz est un art collectif en relation directe avec le corps et les émotions.

D'abord essentiellement rythmique (tams-tams improvisés, caisses, bidons), elle va devenir mélodique par l'absorption d'instruments "modernes" (banjo, trompette). Le jazz ne serait sans doute pas né si la Nouvelle-Orléans était restée française. C'est l'abandon des chants en créole et l'assimilation de la langue anglaise qui a permis aux noirs de créer un parlé original. Associé à des éléments très caractéristiques comme les "blue notes" (altération de notre gamme selon la tradition africaine) et à l'improvisation, ce parlé original a aboutit à un aspect primordial qui se retrouve dans toute l'évolution du jazz: le "swing".

Nouvelle-Orléans

Le swing semble naître de l'accentuation des temps faibles (le deuxième et le quatrième de la mesure). Cette accentuation, totalement contraire aux habitudes occidentales, a sans doute des origines africaines (c'est pourquoi un auditeur européen non averti a toujours envie de marquer les temps forts par un mouvement du corps, alors qu'un auditeur noir marque les temps faibles).

Cette explication rationnelle ne suffit pourtant pas à définir ce qu'est le swing. Alors, qu'est-ce ? A une dame qui lui posait cette question, le pianiste Fats Waller répondit un jour : "Madame si vous avez à le demander, c'est que vous ne le saurez jamais."

Cette part indéfinissable, c'est justement celle qui nous fait apprécier cette musique qu'est le jazz. Peut-être que par une sorte de raccourci, elle s'adresse directement à notre être intérieur, à la pulsation qui nous anime, à nos origines, et à nos émotions, en générant une joie communicative.